Ces dix dernières années, le pouvoir d'achat des Belges s'est détérioré, sauf pour les bénéficiaires de revenus financiers qui ont vu leurs actifs s'accroître au cours de cette période, selon une étude du Crioc et de l'Observatoire du Crédit et de l'Endettement.
Les ménages défavorisés sans revenu d'insertion et composés d'au moins deux personnes sont les plus défavorisés, selon cette étude, et ont perdu entre 2,61 et 3,25% de pouvoir d'achat en dix ans. Les fonctionnaires et les salariés ont globalement perdu respectivement 2,28 pc et 2,08%. Les moins pénalisés sont les célibataires défavorisés ou ceux qui bénéficient d'un revenu d'insertion, "sans doute grâce aux mécanismes de protection développés" existant en Belgique, relève néanmoins l'étude.
En dix ans, les prix ont progressé de 19% et cette évolution "n'a fait qu'accroître le fossé entre consommateurs riches et pauvres". "La plupart des biens alimentaires et de consommation courante ont connu une augmentation de prix supérieure à la moyenne", indiquent en effet le Crioc et l'Observatoire. Le prix des pommes de terre a par exemple augmenté de 76%, celui du poisson de 29%, les fruits frais de 26%, le pain de 24% et la viande de 19%.
Seuls quelques biens de consommation courante (boissons, conserves, habillement et chaussures) et les biens durables ont connu une augmentation plus limitée, voire une diminution de prix. L'euro n'a cependant pas fait exploser le coût de la vie, contrairement à une perception largement répandue, relèvent-ils, "même si les prix de certains produits de consommation courante ont connu une augmentation de prix préalable à l'introduction de l'euro".
Or l'indice des prix qui "a notamment pour fonction d'amortir les variations de prix dans un but de protection sociale", en annulant les effets de l'inflation, ne remplit pas toujours son rôle, estiment-ils. Ainsi, l'indice-santé sur base duquel les salaires et allocations sociales sont indexés, "crée une perte de pouvoir d'achat qui s'accroît lors des chocs conjoncturels relatifs à l'augmentation du prix des produits pétroliers", qui ne sont pas inclus dans son calcul.
En outre, "la répartition proposée par l'IPC n'est pas conforme à la réalité de certains ménages et pourrait même pénaliser les ménages défavorisés en ce qui concerne les dépenses de loyer". Ainsi, si certains consommateurs consacrent 30% de leur budget à leur loyer, celui-ci ne pèse que pour 6% dans l'indice des prix puisqu'un grand nombre de Belges (70% des ménages) sont propriétaires de leur logement.
Pour le Crioc et l'Observatoire, il est donc "nécessaire d'estimer un indice spécifique des prix à la consommation sur base des consommations réelles des ménages et de leur composition".
(D'après Belga)
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