Des papiers journaux recyclés en vêtements, c’est possible !

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Yenoo Belgique

Ivano Vitali fait du recyclage une priorité dans son travail d’artiste. Il tisse des vêtements et accessoires de mode à partir de… papiers journaux.

On les feuillette, on les lit en diagonale, rarement de bout en bout, parfois on les corne, parfois on les plie, et ils finissent presque toujours à la poubelle. Certains les conservent toutefois pour démarrer un feu de cheminée ou pour tapisser leurs cartons de déménagement. Personne n’avait cependant envisagé en faire de véritables accessoires de mode. Personne si ce n’est un artiste écologiste italien…

Depuis dix ans maintenant, Ivano Vitali tisse des vêtements, des gants ou encore des écharpes à partir de papiers journaux recyclés. Méticuleux, il les déchire en bandes, les range par couleurs, les tortille et les roule en boule, à l’image d’une véritable boule de laine. Il utilise ensuite des aiguilles à tricoter spéciales pour coudre ces tissus de papier en robes ou chaussettes. Et bien que ce soit difficile à croire, le tout ne tient que par la force du patron, par ces bandes de tissus tortillées qui se chevauchent simplement les unes sur les autres.

Sculpteur de métier, M. Vitali s’est lancé le défi en 2002 de ne plus utiliser de matériaux conventionnels dans ses œuvres d’art. Par ailleurs éco-citoyen dans l’âme, il explique que ce qui le « guide [dans son travail] est la conviction qu’il est urgent et indispensable d’apporter sa contribution afin de sauver notre écosystème ». « Je pense que la créativité des gens devrait être exprimée sans mal envers l’homme ou l’environnement », résume l’artiste, qui vu sa collection de boules de papiers a offert pléthore de deuxièmes vies aux journaux.

Des Journaux qui plus est de toutes sortes. Dans sa palette, on retrouve en effet une boule faite de papiers exclusivement récupérés dans les pages Economie du Figaro, une autre constituée de rebuts du Vogue taïwanais ou encore une boule inspirée par le Journal de Mickey. Car ce n’est pas le contenu qui intéresse l’artiste italien, mais la diversité du matériel. « Les résultats que j’obtiens varient en fonction de la qualité du papier, de son poids, du fait s’il soit brillant ou non, de sa couleur, des mots imprimés et des images qu’il contient », explique-t-il.

Bien qu’il faille les prendre avec précaution (on ne sortira probablement pas sous la pluie habillé de tissus faits de papiers), ses œuvres d’ « Art global à impact zéro » – c’est ainsi qu’il a baptisé sa collection – ont un dernier avantage : celui de pouvoir être à nouveau recyclées. « Il est possible de les défaire, de les refaire, ou de simplement les renvoyer dans la chaîne du recyclage », souligne M. Vitali. Beaucoup d’atouts donc pour une garde-robe originale, bien qu’elle ne soit peut-être pas la plus confortable qui soit…

Crédits photos : Ivano Vitali