
Les Youyous, ces cris de guerre
Marche à Alger contre le massacre des palestiniens à Gaza
Alger a vibré vendredi, une secousse tellurique qui a secoué les ruelles et les artères de la capitale, qui n’a pas vu pareil rassemblement depuis celui de juin 2001 ou encore mieux, celui organisé par les femmes en mars 94 et en mars 95 où des lycéennes avaient osées braver le diktat terroriste en scandant des slogans et lançant des youyous, véritables cris de guerre, qui aujourd’hui encore nous donnent la chair de poule. Elles étaient présentes aussi, les femmes ce vendredi, drapées de la kiffa palestinienne, dans les premiers rangs non pas d’une marche mais de multiples marches avec leurs slogans et leurs youyous.
Après la prière du vendredi, une foule s’était massée à la sortie des mosquées d’Alger, attendant l’évènement, et quel évènement ! Du coup, l’espoir était là, l’espoir de tout un peuple qui s’est débridée, qui s’est dépoussiérée d’une décennie de chape et d’interdits en cette après midi.

Et certes que cette marche était interdite, mais la colère, l’indignation, la rage étaient là et comment se faire entendre qu’en investissant les rues, prenant à témoin l’opinion publique nationale et internationale et briser enfin, ce lourd silence qui n’a pas de sens des autorités algériennes, face à la tragédie palestinienne et le massacre de tout un peuple en toute impunité, avec la complicité des nations dites fortes, dites championnes des droits de l’homme.
Les algériens ont fait honneurs à eux-mêmes puis à leur passé. Ils étaient plus d’un million dans la rue même si quelques incidents ont éclaté lorsque des milliers de manifestants ont tenté de prendre la direction de l'ambassade des Etats-Unis ou celle de l’Egypte pour dénoncer le soutien américain à la politique et aux pratiques d'Israël. Les forces antiémeutes sont alors intervenues pour les disperser. Ces quelques échauffourées, mettant surtout face à face des jeunes incontrôlables et des policiers sur leurs gardes, et rappelons qu’en dépit du nombre hallucinant de ces derniers, n’a pu dissuader les gens de marcher et les quelques dépassements n’ont pas entachés l’esprit et la motivation des marcheurs. La, nous n’allons pas nous arrêter devant les récupérations des uns et des autres, ni devant les slogans qui nous renvoyaient aux dix années de solitude et de sang du pays, ni sur les motivations des uns et des autres, l’essentiel était cette démonstration de solidarité envers un peuple qui fait partie historiquement et sentimentalement du peuple algérien.
Alger: Nassira Belloula
pour Yenoo Belgique
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