
Par Jamal Hafsi / Journaliste
Lettre ouverte à M. Khalid Naciri, ministre de la communication
Monsieur le ministre,
Vous n’êtes pas sans savoir que la scandaleuse et arbitraire mesure prise à mon encontre par les services de votre département, notamment leur refus de me délivrer ma carte de presse, est sous tendue par des considérations qui relèvent de sordides règlements de comptes, et n’est d’aucun rapport avec quelque document manquant que ce soit. Cela ne saurait échapper au commun des mortels, encore moins à l'excellent juriste que vous êtes.
Je suis au regret de constater que cette mesure, arbitrairement décidée et grossièrement concoctée, n’est pas sans rappeler certaines malheureuses et condamnables pratiques qui prévalaient à une époque, en principe révolue.
Aussi, la mise au point, diffusée par la MAP au nom de votre département pour tenter de justifier ladite mesure, est la preuve évidente qu'il y avait quelque anguille sous cette mesure.
Vous n’êtes pas sans savoir non plus, monsieur le ministre, que cette scandaleuse mesure va à l’encontre des principes élémentaires de la démocratie et des droits de l’homme ; deux registres sur lesquels notre pays a enregistré de notables avancées malgré la persistance de poches de résistances qui tentent de s’opposer à la dynamique et aux reformes initiées par le Souverain depuis son accession au trône.
Comme vous n’êtes pas sans savoir monsieur le ministre que l’agression dont j’ai été la victime dans l’enceinte même de votre ministère, et dont le donneur d’ordre était le chef de votre cabinet, ne pouvait que ternir l’image de votre département et celle, il va sans dire, de l’administration publique; un ternissement dont on pouvait largement faire l'économie.
Porter atteinte à l’intégrité physique et morale d’un journaliste marocain venu réclamer l’obtention d’un document qui lui revient de droit est une attitude hautement irresponsable et bassement suspecte. Elle descend en droite ligne d’une culture avec laquelle il y a eu, normalement, depuis l’avènement de S.M le Roi Mohamed VI, une rupture. C’est pour dire que cette attitude ne traduit en rien les orientations du souverain sur le registre des pratiques qui doivent prévaloir au sein des administrations publiques.
Et c’est pour dire aussi qu’il devient nécessaire et urgent de prémunir nos administrations des agissements de ceux qui usent malveillamment de leur position dans lesdites administrations pour régler quelques comptes, à leur profit ou/et aux profits de tiers.
Pour toutes ces raisons je vous demande monsieur le ministre la réparation du préjudice moral que j’ai subi du fait de cette agression et la délivrance de ma carte de presse sur la base du dossier, conforme aux dispositions légales, en souffrance à votre département depuis novembre 2008.
Avec tous mes respects et ma considération
Jamal Hafsi / Journaliste
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