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Chronique Rachid Beddaoui

Les transferts des MRE

Un levier pour l'économie nationale

 

Les envois de fonds vers les pays en développement attirent de plus en plus l’attention à cause de leur volume croissant et de leur impact sur les pays bénéficiaires dont le Maroc.

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Le suivi des indicateurs sociaux montre la situation catastrophique  dans laquelle se trouve  le Maroc d’aujourd’hui : un pays où la richesse existe bel et bien, mais où une grande partie de la population est pauvre.

 Le Maroc est le pays de toutes les contradictions. Un touriste étranger qui débarque à Rabat, pour visiter par la suite Marrakech ou Agadir, ou un étranger qui suit, de l’extérieur, les émissions de nos chaines télévisées « SNRT et 2M … », peut facilement croire qu’il s’agit d’un pays prospère... !

En revanche, une étude profonde des indicateurs sociaux, ou de développement humain, ou une simple visite dans les banlieues ou dans les compagnes de Boudnib ou  de Khenifra, permet de découvrir une triste réalité, difficile à comprendre et, moins encore, à concevoir. Pourtant, le Maroc, vu ses capacités (sa richesse : naturelle, minière, humaine …) ne devrait pas être dans cet état.

Il est vrai que beaucoup de forces ont contribué pour que notre beau pays parvienne à cette situation. Cerner ces forces n’est pas une chose aisée, mais il est extrêmement difficile de les combattre, surtout lorsqu’elles sont négatives.

La première de ces forces peut être d’ordre devin. Les marocains, puisque musulmans, croient plus en Dieu (Inch’Allah, Mouktab, Lidairha Allah etc.), ce qui est tout à fait naturel. Mais ce qui est grave c’est que cette croyance devient fatalisme.

Une deuxième force, et c’est la plus importante à mon  avis, a trait à un manque de volonté, aussi bien chez les pouvoirs gouvernementaux que chez les citoyens. Les premiers, on les comprend, ils font la politique (qui est «  l’art de décider qui obtient quoi, quand et comment ? »). Les seconds, quant à eux, sont pris dans l’habitude du quotidien sans poser de question. Ils attendent que le temps passe. (Pour nous marocains, le temps n’a malheureusement pas d’importance !).

Une autre force, parmi d’autres, mais la principale sans doute, ou plutôt les forces du marché et de la mondialisation néolibérale qui ravagent le Maroc, et qui le maintiennent dans la pauvreté et l’exclusion.

Si les forces négatives découlent simplement du manque de volonté, des uns et des autres, autrement dit des forces de résistance au changement, alors les psychologues et les sociologues peuvent aider le Maroc à se développer,  en imposant une thérapie de groupe.

Si ces forces sont réellement divines, personne sur cette terre ne pourra faire grand-chose.

Si, au contraire, lesdites forces sont celles du marché et de la mondialisation, il me semble alors qu’une politique économique et sociale efficiente puisse faire avancer le Maroc vers moins de pauvreté et une gestion adéquate des richesses.

Le Maroc est l’un des pays  où les richesses sont aux mains d’une minorité. Mais ce qui est grave, c’est que les inégalités sociales se creusent davantage entre riches et pauvres.

 Analphabétisme, Chômage, crise du logement, immigration clandestine, bureaucratie, cherté de la vie... La liste des maux dont souffre la majeure partie de la population est longue, mais l'absence de perspectives explique sans doute l’envie des gens de partir ailleurs à tout prix, et les gouvernants n’arrivent pas à les retenir au pays.

Ces derniers temps, le Maroc se développe incontestablement. On trouve de tout dans les magasins  et dans les grandes surfaces mais le pouvoir d’achat est très faible pour la majorité des marocains qui ne palpent aucune amélioration dans leur quotidien.

Le Maroc s'est transformé en vaste chantier : autoroutes, chemins de fer, barrages, aéroports... On construit beaucoup et partout en injectant des sommes colossales sans aucune stratégie pour l’emploi à court et à long  terme.

Notre pays   souffre d'un problème de management. On a beaucoup de cadres de bonne volonté, mais on est dépourvu de méthode, de programmation et d’esprit d’initiative. Même les plans de planification ne convergent pas entre nos ministères, ce qui rend le résultat incohérent dans son ensemble par le manque d’un chef d’orchestre.

A cela s'ajoute l'état sinistré de deux secteurs-clés : l'éducation et la formation. S'il y a une urgence, c'est bien appliquer des réformes courageuses en vue  de former des générations capables de mener la bataille du présent et relever les défis du futur.

Cessons de former des  cadres  médiocres. Donnons  la priorité à la qualité de nos universités et de nos formateurs. Placer l’Homme qu’il faut pour chaque poste. Employons les nouvelles méthodes dans la gestion des grands projets. C’est grâce à tout cela   que nous parviendrons à mettre notre pays à niveau. Certes la modernisation de l’appareil productif, l’instauration de l’Etat de droit, la réforme de l’enseignement… est la seule solution pour sortir de l’équation impossible dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui.

Rachid Beddaoui
Journaliste free lance ,
Doctorant en sciences économiques et  en sciences politiques
Pour Yenoo Belgique

Chronique Safaa Nhairy
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