
Entre 20.000 et 70.000 personnes ont manifesté samedi en France à l'appel d'organisations politiques, syndicales et religieuses pro-palestiniennes pour fustiger l'assaut meurtrier d'Israël sur une flottille en route pour Gaza et exiger la fin du blocus de ce territoire.
"Je me félicite du soutien du peuple français"
A Paris, 5.000 manifestants, selon la police, - beaucoup de jeunes portant des keffiehs palestiniens - ont marché sous une chaleur estivale entre Bastille et Invalides. La manifestation s'est disloquée dans le calme vers 19H00, a constaté un journaliste de l'AFP. Les organisateurs ont dénombré 30.000 personnes. "Je me félicite du soutien du peuple français", a déclaré à l'AFP la déléguée générale de Palestine en France, Hind Khoury, en se demandant "pourquoi la paix n'aboutit pas?".
Mélenchon quitte la manif à cause d'organisations religieuses
Au départ du cortège figuraient au premier rang Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de Gauche (PG), favorable à la suspension de l'accord commercial entre l'Union européenne et Israël, et Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), qui avait qualifié de "crime ignoble" l'opération israélienne du 31 mai contre la flottille. Mais le PG a ensuite annoncé avoir "quitté la manifestation pour Gaza" car "contrairement aux accords pris, des organisations religieuses ont été autorisées à s'intercaler dans le cortège des organisations politiques".
Cinq à six millions de musulmans en France
Cette manifestation parisienne était programmée depuis mercredi à l'appel d'un Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens regroupant partis politiques de gauche, organisations syndicales et humanitaires et associations musulmanes ou juives. La France compte cinq à six millions de musulmans et 600.000 juifs, soit les plus importantes communautés en Europe. Une maquette en carton-pâte d'un paquebot ouvrait la manifestation.
"Un peuple que l'on maintient sous perfusion"
Des militants français du Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP), une ONG française de la mouvance islamiste, étaient à bord des bateaux arraisonnés par Israël et sont rentrés cette semaine en France. "Ce qu'on a vécu est quelque chose de très éprouvant (...) mais ce n'est rien par rapport à ce que vivent les Palestiniens 365 jours sur 365. C'est un peuple que l'on maintient sous perfusion ce qui est inadmissible", a déclaré à l'AFP Youcef Benberdal, permanent du CBSP et rentré mardi à Paris après son expulsion d'Israël.
"Contre la colonisation et l'apartheid en Palestine"
A Lyon, ils étaient entre 6.000 et 30.000, selon les sources, agitant des drapeaux palestiniens, turcs, algériens, marocains, libanais et français et criant "Israël, assassin!". Sur des pancartes, on pouvait lire "exigeons des sanctions internationales", "halte au blocus, halte aux colonies", "Tribunal pénal pour Israël". Au coeur de Marseille, entre 2.000 et 5.000 personnes ont défilé vers la préfecture et le consulat d'Israël derrière une banderole "contre la colonisation et l'apartheid en Palestine".
"Pourquoi la paix n'aboutit pas?"
A Nice, quelque 2.000 personnes vêtues de blanc se sont retrouvées à l'appel du Comité pour la liberté et la justice en Palestine pour réclamer la fin du blocus de Gaza et rendre hommage aux victimes du raid israélien (neuf morts civils). L'appel à ce rassemblement avait été relayé par le réseau des salles de prières et des mosquées et la déclaration à la préfecture à Nice avait été déposée par trois personnes, parmi lesquelles deux imams, a dit une source policière. La police a également compté 2.000 manifestants à Grenoble et quelques centaines de personnes à Bordeaux, Toulouse, Nantes, Strasbourg, Reims et Evry.
AFP